Artiste de cabaret au charisme magnétique, elle fréquente les lieux mythiques comme Madame Arthur et le Carrousel, où se construit une génération de performeuses qui redéfinissent les codes du genre et du spectacle. Très vite, Zaza dépasse la scène : elle devient une figure du Tout-Paris, à la fois observatrice et actrice d’un monde en pleine transformation.
Dans les années 1980, elle se réinvente. Chroniqueuse, journaliste et animatrice radio, elle impose un ton libre, souvent provocateur, notamment dans l’émission Lune de Fiel, devenue culte. Sa voix, reconnaissable entre toutes, mêle humour, insolence et éclats de vérité, attirant un public fidèle et fasciné.
Zaza Dior n’a jamais cherché à rentrer dans une case. Femme trans à une époque où le mot lui-même reste marginal, elle affirme une identité libre, parfois déroutante, toujours assumée. Elle incarne une forme d’élégance indocile, refusant les conventions comme les assignations.
Proche de nombreuses figures du monde artistique et médiatique — de Bambi à Thierry Le Luron — elle traverse plusieurs décennies en restant au centre d’un réseau dense, sans jamais devenir une icône officielle. Sa trajectoire échappe aux récits classiques, ce qui explique en partie son effacement progressif des mémoires. Emportée par le sida à 46 ans, Zaza Dior laisse derrière elle une empreinte discrète mais profonde. Elle appartient à une génération marquée par la liberté, la fête et la disparition brutale de nombreux visages de la nuit parisienne.
Longtemps restée dans l’ombre, son histoire n’avait jamais été racontée dans son ensemble.